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Je trace ma route littéraire
Bon, le surréalisme ne m'a pas laissé indifférent. D'ailleurs lorsque j'avais 14 ans (1956) j'ai lu en premier, le célébrissime roman policier J'irai Cracher Sur Vos Tombes, de Boris Vian [alias Vernon Sullivan] édité en 1946, j'avais été secoué quelque peu pour mon âge, mais bon, il faut bien découvrir le racisme cru et glauque et sur ce sujet on est durement servi avec cette écriture. Pas de répits ; en suite j'ai lu un second ouvrage, ravageur celui là, mais heureusement par petits bouts, Les Chants De Maldoror, du Comte de Lautréamont, 1874 [réellement écrit par Louis Durcour] j'avais 17 ans (1959). Cet ouvrage composite a secoué presque tous ceux de ma génération qui l'on lut et je convie tous les ceux qu'il a laissés indifférents à consulter un psy au plus vite. Par la suite je suis tombé à 18 ans (1960) sur un livre discrètement remisé dans la bibliothèque de ma grand-mère : Histoire d'O, de Dominique Aury, 1954 [alias Pauline Reage] celui- là je l'ai ressenti comme un roman à l'eau de rose à côté des deux précédents. Mais ces ouvrages ont certainement participé à influencer ma vision des rapports humains. Cela fait qu'aujourd'hui, par exemple, cela m'amène à considérer notre politicien Mélenchon comme étant un dangereux extrémiste de droite ! Rassurez vous, j’avais quand même lu à 13 ans
(1955), dans la collection Rouge & Or [n° 71], Princesses de l'Air de Paluel-Marmont illustré par Raoul Auger, c'est avec cette édition résumant la vie aventureuse des pionnières de l'aviation naissante que s'était naît en moi la passion dévorante de l'aéronautique. À cette époque, mon père, certes peu instruit, n'en restait pourtant pas moins conquis par le grand répertoire d'opéra, qu'il écoutait, si je peux dire en boucle, sur ses disques de cire 78 tours minute. C'est là que j'ai entendu les grandes partitions comme Madame Buterfly, Traviata, etc. Si fait que pendant que mes camarades de mon âge écoutaient Cora Vaucaire, j'écoutais
Berlioz (Caranaval Romain) vous voyez le genre ; j'avais à ce moment-là 17 ans. C'est dans ce cadre que l'arrivée dans mon univers culturel d'un Chuck Berry et son incontournable Roll Over Beethoven (1956) qui avec ses nouvelles sonorités musicales, au phrasé syncopé, sont entrées dans mon esprit en 1958, le Rock and roll s'imposait en moi comme chez presque tous les jeunes de mon âge. J'avais enfin rejoint le troupeau des "d'jeuns". Maintenant 60 ans sont passés, à mon humble avis, vite, denses. Chuck Berry (Crazy
legs) n'est plus, Caura Vaucaire pas plus, il ne m'en reste plus que des souvenirs nostalgiques, pendant que je trace encore ma route de lecture en lecture certaines ennuyeuses, d'autres instructives et enfin quelques une de réellement dérangeantes.

Extraite d'un diaporama [Doc X]
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