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Angoumé en feu
Toujours pressé par le programme du cursus sur Bell 47 G1, Maurice Vaucelle avait commandé un vol de nuit à caser dans notre calendrier de stage toujours juste sur le timing. Lui, accompagné de Claude Caye, moi, plus un autre collègue dont le nom m'échappe nous voilà décollés à la nuit tombée ; nous devions travailler sur le terrain de dégagement d'Angoumé à 20 minutes de Dax pendant que trois autres hélicoptères restaient à travailler sur le terrain de la base-école (ES-ALAT).

Le Bell 47 G tel que nous l'utilisions dans notre cursus ab initio à l'école d'aviation de Dax (Doc X)
Nous avions organisé nos tours de pistes qui préparaient au lâcher de nos élèves sous peu. À l'Ouest un ciel d'orage annonçait un mauvais moment à venir. Les tours de piste s'enchaînaient aux tours de pistes et l'orage se précipitait sur nous. Un œil sur le travail de nos élèves, un autre sur la tourmente orageuse qui arrivait, il nous en manquait un troisième pour surveiller Maurice, seul habilité à siffler la fin de partie. Maurice, jusqu'au-boutiste ajoutait tour de piste sur tour de piste. Déjà les rafales de l'orage annonçaient sa puissante arrivée et Maurice nous faisait tourner encore et encore. Le ciel était maintenant en feu ; éclairs sur éclairs qui auraient du nous faciliter la vision nocturne si la pluie tombant en trombe n'en avait pas occulté le bénéfice. Enfin Maurice annonça le retour sur la base-école. Comme une volée de moineaux, on quitta le terrain d'Angoumé dans une pagaille à peine organisée. Le retour fut épique ; un retour que même 50 ans après on n'oublie pas trop.

Dans le Sud Ouest les orages nocturnes, aussi violents, n'étaient pas si rares (Doc X)
Nous ne risquions pas d'entendre le tonnerre, car le bruit de la pluie ou grêle violente sur la bulle du canope devait facilement le masquer. Violemment secoués, élèves crispés sur les commandes pour garder une ligne de vol, et nous, essayant de voir où se trouvaient nos prédécesseurs, l'atmosphère était devenue grave dans les appareils. Enfin la ville, enfin l'école, enfin la piste, enfin la tour de contrôle essayant, en vain, de nous diriger dans la situation très agitée, cela ne nous laissait que peu de choix d'évolution. Ayant terminé laborieusement le dernier virage, je faisais commencer l'approche par mon élève quand tout à coup, sous mes pieds, apparut un autre hélicoptère qui ne s'était pas signalé à la radio. Effaré par la manœuvre audacieuse, je ralentissais mon approche, mais pas trop en pensant qu'il y avait peut-être quelqu'un derrière moi. Je décidais de me poser plus loin et je reprenais les commandes à mon élève qui attendait ce moment avec impatience. Une fois au sol, la manœuvre de déplacement restait difficile dans les tourbillons de la tempête et une fois posé les mécaniciens de piste n'avaient pas demandé notre avis ils avaient baissé les roues et raidement poussé l'hélicoptère dans le hangar. Nous finissions de couper l'éclairage de navigation et, toujours assis à nos places, nous commencions à remplir les documents de vol et de mécanique. Dehors, grondait l'orage... ESALAT 1969
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