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Actualité liée aux nouvelles spatiales : civiles et militaires, astronautiques et aérospatiales. Plus le numérique

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Actualité Aérospatiale, Astronautique, Civile & Miltaire

Qui suis-je pour douter d'un ordinateur ?

 

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montage pour LSI-11 DEC ; j'ai réalisé ce montage en 1984 (Doc de l'auteur CNRS-LMA 1984)  

 

La date de ma première alerte concernant cette question sur le numérique remonte à la fin des années soixante dix où je constatais que dans les montages numériques et programmables que je réalisais des erreurs de câblage, de logique, de syntaxe du code, ou pas, le système donnait toujours un résultat. Si cela me tracassait, je ne le considérais que comme une fatalité (1977).

Lors d'un concours en vue de sanctionner une nouvelle qualification, le CNRS m'avait envoyé passer des épreuves sur l'informatique balbutiante à l'Observatoire de Paris vers le milieu des années quatre vingt du XXe siècle. Dans l'attente de mon oral, j'étais le dernier à être audité, j'attendais mon tour dans le bureau d'un chercheur, studieux, penché sur son ouvrage. < Qu'étudiez vous, lui avais-je demandé > et il m'avait expliqué qu'il vérifiait les conséquences d'une micro erreur dans un calcul binaire sur le résultat numérique (ou quelque chose comme ça) !

 

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Voici le résultat du passage de mon benchmark sur PDP-11-60 DEC en 1985 (Doc de l'auteur CNRS-LMA)

 

Par la suite alerté par ce problème je m'étais demandé si finalement la confiance aveugle que nous avions sur nos machines de calcul était bien raisonnable. Pour lever le doute sur la bonne santé de nos processeurs mathématiques j'avais décidé de faire tourner un "bench mark" petit programme de test destiné à contrôler le bon état de santé de notre ordinateur (DEC PDP-11-60 [RSX 11 M]). Tous les matins, premier arrivé, je faisais tourner ce petit programme et le verdict, toujours bon, me permettait de dire qu'il y avait de forte chance qu'à ce jour la machine marcherait bien.

 

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Le MINC-11 sur lequel une erreur s'était faite par le processeur mathématique. (Doc DEC)

 

Par contre pas loin de moi, un collègue qui, indépendamment de moi, avait adopté cette technique faisait le même test, mais lui il l'appliquait au début de tous ses programmes de calcul, et à la fin. C'était d'ailleurs une routine en Fortran IV qu'il joignait en début et en fin de ses programmes principaux. Le mini ordinateur sur lequel il pratiquait ce contrôle était un LSI-11-23 MINC sous système RT-11. A son premier contrôle sur cette machine son bench mark avait fait apparaître une erreur, ce qui avait obligé le vendeur [DEC] à retirer cette carte processeur mathématique et la remplacer par une autre, celle ci se révélant bonne pour les services suivants.

Ce qui m'avait interpelé c'était que personne, depuis le temps où cette machine faisait des calculs, n'avait douté de la validité des résultats et ils étaient venus alimenter les travaux de thésards et de techniciens de l'instrumentation mesure ; ils avaient donc probablement illustrés des publications !

Au final sur ce laboratoire de physiciens de 150 personnes nous étions trois à procéder régulièrement à cette opération ! Bon, n’exagérons pas, il y avait déjà très peu de chance pour qu'un processeur mathématique fasse des erreurs de calcul même dans les années 1980. Oui, mais : 

Le 3 juillet 1988, le croiseur USS Vincennes de la Navy accompagné de la frégate USS Montgomery naviguaient ensemble dans le Golfe Persique (Detroit d'Ormouz). Ils appuyaient par leur présence l'Irak de Sadam Husen en guerre contre l'Iran de Khomeny en exécutant des gesticulations sans vergogne dans les eaux iraniennes. Ces deux unités étaient protégées par le désormais célèbre système de DCA numérique AEGIS (nouveau à ce moment là). Dans cette position non officielle mais couverte par le DoD le commandant du dispositif, William Rogers avait en tête la destruction du USS Shark un an plus tôt, touché par deux missiles air mer Exoset. Pour le moment ce jour là l'alerte est donnée par le dispositif radar et le centre de calcul AEGIS du bateau couplé à celui de la frégate d'accompagnement. "Un avion attaque les bateaux" !

 

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      Lieu d'interception du IR-655 par l'uS Navy avec AEGIS (Doc X 1988)

 

 

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Tir d'u Raytheon Standard conduit par le système AEGIS sur une frégate US Navy. (Doc DoD)

 

Seule solution de continuité, AEGIS identifiant une attaque par un avion ennemi, et sans autre contre avis ni réflexion de sa part, mais le délai de réflexion étant certes chichement compté, le commandant laisse AEGIS diriger un tir missile Standard de Raytheon qui détruit la cible hostile. Un instant après il faut se rendre à l'évidence AEGIS a produit une solution de tir sur une confusion et en fait c'est l'Airbus A 300 Iran Air, vol IR 655 qui est abattu avec 290 personnes à bord. Il faisait le trajet Bandar-Abbas Doubai au FL 140 (14000 ft) pour assurer l'acheminement de pèlerins à la Mecque. Voilà le cas typique d'une soumission à l'ordinateur qui débouche sur un gros drame.

 

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Générateur rayon gamma pour radio thérapie. (Doc CLARAC X)

 

 Bien entendu des drames liés à l'ordinateur ou à la confusion que peut procurer l'ordinateur émaille régulièrement notre actualité ; par exemple on se souvient du drame des surirradiés de l’hôpital Jean Monet d’Épinal qui ont subit lors de traitements radiologiques de 1987 à 2009 des doses inadaptées de rayonnement provoquant 10 décès et près de 5500 blessés. Là encore un mauvais réglage provoqué par une erreur de calcul ont amenés le radiologue et les médecins a provoquer cette sur-irradiation. L'origine pouvait être soit des rayons X soit des rayons gamma (plus exotique) issus de gros accélérateurs de particules mais surtout de l'incompétence des techniciens face à la machine défaillante.

 

C'est l'objet de ma réflexion : Qui suis-je pour douter d'un ordinateur ? 

 

Ces deux exemples ne sont que la petite partie émergée du problème. L'irruption du numérique dans nos activités civiles et militaires est tellement important et le mot "irruption" accentue cette importance, qu'elle nous met tous face à une révolution technologique difficilement assimilable, elle est au point de déstabiliser nos sociétés au sens large du terme. Je pense même qu'il nous faudra plusieurs générations pour que des historiens scientifiques puissent raconter cette incroyable histoire qu'aucune mythologie nous préparait à affronter. 

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Premier microprocesseur mis sur le marcher américain le Intel 4004. (Doc Intel 1972)

 

 

 

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Ma première réalisation de micro ordinateur avec du Intel 8085, pour le compte du CNRS-LMA. (Doc auteur 1978)

   

 

Si le transistor qui est à la base de cette révolution date de 1948, sont application la plus pratique date de 1958 avec la création du premier circuit intégré (analogique et numérique). Mais ce sera en 1972 que la société Intel aux USA va commencer cette révolution à venir avec la mise sur le marché du premier microprocesseur. L'ère du numérique peut commencer à se manifester de façon pratique. Au même moment aux USA et en Europe la machine à produire de la technologie se met en marche ; car aussi bien une avancée peut influer en boucle ou de façon récursive en se manifestant sur une autre technologie ou alors provoquer une violente divergence de type "fission". Tout va influer sur son voisinage tout en s'accélérant à un rythme insensé peut-être même incontrôlable. Le progrès technologique semble avoir une dérivée positive ! 

 

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Microprocesseur VLSI des années 1999. le nombre de transistors se compte en millions. (Doc X 1999)  

 

Par exemple le LASER, dont les USA se sont attribués peut-être un peu vite la paternité, couplé aux machines à commande numérique vont permettre d'engendrer et de réaliser des processeurs numériques encore plus performantsen miniaturisant la gravure des composants. Cette miniaturisation permet l'accélération des opérations de traitement logique de façon fulgurante et conduit à de la gravure LASER encore plus fine de façon à permettre à des processeurs d'être encore plus intégrés et par là même d'autoriser des vitesses de commutation encore plus grande et ainsi de suite.

 

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Le quartz sur ce modem amateur est callé sur 2.5 MHz. (Doc auteur 1990)

 

 J'ai le souvenir de quartz que je montais sur mes processeurs en 1980 de 2.5 MHz et aujourd'hui le processeur qui permet cette édition a un quartz de 3.5 GHz soi plus de mille fois plus rapide.  

Si vous êtes un grincheux, vous pourrez toujours me dire que l'erreur rare d'hier se produira mille fois plus vite aujourd'hui. Oh que non, car dans le même temps les surfaces mémoires se sont agrandies au point de rendre la famine de nos premières mémoires à ne plus être que de l'histoire ancienne. Aujourd'hui on ne mégote plus sur la taille de nos programmes (lignes de codes) et un programmes plus lourd, sera plus sûr (robuste) plus sophistiqué.

 

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J'ai écri ce programme de simulation logique au début des années quatre vingt dix. Il est écri en FORTRAN IV +. (Doc auteur CNRS-LMA 1990)

 

Ainsi de suite. Avec ces progrès en informatique, nous aurons des progrès en simulation, ce qui nous donnera des ouvertures d'esprit impensable hier, cela nous donnera des solutions à des problèmes irrésolus il y a encore pas si longtemps, nous auront une assistance à l'action physique et intellectuelle très réactive, etc.

Cette approche numérique pour simuler et pour trouver des solutions à nos problèmes techniques qui engendre de nouvelles activités pour nos sociétés nous submerge. Dans toutes les solutions proposées, qui croire ? Quelle solution est la meilleure ?

 

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Le nouveau souci de Stephen Hawking : l'Intelligence Artificielle [IA]. Le nouveau danger pour l'humain. (Doc montage auteur et X)

 

 

Y a-t-il une appréciation morale à ces changements ? Robots, dont on disait par exemple qu'ils allaient nous supprimer nos emplois est-ce si réel que redouté ? 

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 Avec le robot on va jusqu'à confier sa vie à des machine si rapide qu'une erreur est engagée avant que l'on puisse la comprendre. Ici un headup display sur avion de chasse. Approche finale nocturne tout se décide sur cet écran spartiate en quelques secondes. (Doc X)

 

Oui, à mon avis c'est plus que bien réel, mais peut-être pas comme on le redoutait. Bien de nouveaux métiers se sont créés avec ces nouvelles approches numériques. Il faut déjà dire que ces techniques ont hypertrophié nos communications qui sont pour la plus part numériques ; elles se prêtent évidement bien à la mise en mémoire et à une restitution ultérieure nous offrant un champs d'information et donc d'activités impensable hier. Ce champs n'est limité que par notre imagination et heureusement encore un peu par la bande passante de nos systèmes qui s'allonge et va arriver à des limites physiques qui vont nous permettre, peut-être, de souffler un peu et trier dans ce "fatra" de connaissances.

 

Voyons quelques aspects de ces bouleversements

 

 

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Pour gérer les aéronefs grâce au réseau SAGE [semi automatic ground environement] il faut de gros calculateurs. ici un IBM 350 est en service dans cette chaine de l'US Air Force et du SAC. Ce n'est pas le plus gros calculateur dédié à cette mission. (Doc DoD 1960)  

 

J'avoue avoir été subjugué par l'arrivée du numérique dans l'aérospatial. Depuis les balbutiements du réseau Nord Américains SAGE destinés aux avions militaires qui déjà voyaient, dans la fin des années cinquante du xxe siècle, des aéronefs obéir aux télécommandes d'un ordinateur au sol associé à un réseau de radar, par la suite, je ne m'attendais pas voir un avion civil de transport de passager voler sous les ordres directs d'un ordinateur embarqué associé à des commandes de vol électriques. Pourtant Airbus A 320 s'est nait de cette façon en 1986, sont processeur principal, du niveau d'un Intel Pentium 586 nous semblait l'ultime alpha & Oméga du robot aérien, c'était sans imaginer l'avion tout numérique comme le sont devenus les Boeing Dreamliner 787 et bien sûr son pendant européen Airbus 350. Ils sont tellement numérisés qu'une formation de pilote passe plus de temps par la phase de simulation au sol que par les très fastidieux tours de piste en vol pour dominer la machine.

 

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Tableau de bord d'un Airbus 320. L'assistance au pilotage est possée très loin. (Doc Airbus 2002)    

 

Oui, mais avec l'approche sans visibilité automatique de type Cat IIIC qui se pratique couramment et où le pilote contrôle le poser automatique de son avion (sans toucher aux commandes) comme un simple superviseur, il peut y avoir comme corolaire des risques d'incompréhension inattendus.

 

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L'équipage du AF 047 avait un tableau de bord du même genre de nuit, mais à un certain moment il n'a plus sut le lire ! (Doc Airbus 2002)

 

Par exemple celle survenue lors du vol Air France Rio Paris AF 047 qui voit un équipage de trois pilotes assister à leur crash et leur mort aux commandes d'un avion en bon état de marche, moteur "in the green" incapables de comprendre les informations du système (pourtant en bon état) qui commandait l'avion (un Airbus A 330 volant à 35000 ft) ! 

 

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L'auteur enseigne encore à l'antique au cours ITCI de la Faculté de St Jérôme en 2001. Au passage notez qu'il est question du WIFI sur le tableau (Doc de l'auteur 2001)    

 

Des balbutiements du système PLATO américain pour l'assistance à l'enseignement des années soixante, aux cours en ligne actuels produit par quelques professeurs et en attendant les MOOC de massive open online course (MOOC) voilà un exemple de formation qui de scolaire primaire est devenu en 40 ans un modèle de formation continue non diplômant mais d'une redoutable et efficacité dans ce monde en perpétuelle remise en question. 

 

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Croyez vous qu'à cette époque un quelconque membre de cette famille aurait contesté les notes de leur enfant à l'école primaire ? C'est impensable, le niveau d'instruction était trop faible pour eux. Ce n'est plus le cas de nos jours. (Doc A.Kahn)  

 

Voilà bien une rupture : de belles perspectives éducatives mais pas assez de temps. Cela remet en question non pas tant l'enseignement traditionnel, mais la structure même de la société. Dans nos communautés occidentales de la taille du bourg, le maire, le gendarme, l'instituteur, l'ecclésiastique, le pharmacien et le médecin étaient les élites rassurantes autour desquels se construisait une petite société. C'était la cellule, ils étaient le savoir, le pouvoir ; c'étaient des dirigeants. 

Avec le livre de poche, le cinéma, les groupes théâtraux amateurs, les radio libres, les multi chaines de télévision émettant 24/24 sans frontière, les réseaux, qui bien entendu sont numériques, nous permettent d'atteindre à l'information protéiforme, éducative sans commune mesure avec la situation d'il y a cinquante ans. Nous aurions voulu qu'il ne se passa rien ! 

Grâce à cette fole bouffée d'apprentissage libre qui nous désinhibe du dogme éducation sur lequel trônait l'instituteur, l'ordre public sur lequel trônait le maire et le gendarme, la pensée profonde (l'âme) sur laquelle trônait l'ecclésiastique, et même dans une certaine mesure la santé de premier niveau, chasse gardée du couple médecin/pharmacien tout cela est bousculé pour le moins par la bande passante du savoir tout horizon. 

Mon étonnement va crescendo en entendant par exemple certains acteurs sportifs, pourtant pas portés traditionnellement sur l'expression orale, nous parler avec bon sens et un choix de jolies phrases que seuls "les d'Ormessons" nous avaient habitués à maîtriser. 

A mon avis, dans la perte d'emploi, il y a comme victimes collatérales : les élites. 

Il m'arrive de parcourir de nombreux blogs sur internet où des rédacteurs anonymes, improbables, et qui le resteronten remontrent en qualité d'expression a des écrivains professionnels et je ne parle pas de la transmission parallèle du savoir par les acteurs eux même, qui en temps réel nous informent (avec images) de faits marquants avant tout autre moyen d'information contrôlé et institutionnel. 

Ces autodidactes, même si beaucoup d'entre eux ont été honorablement scolarisé, prennent la parole et en quelques "tweet" nous placent au cœur de l'événement, du savoir. 

Toute cette bousculade de progrès technologiques se propage dans tous les domaines de nos sociétés ; et encore se plaint-on d'un manque de culture générale ! Moi aussi souvent je parle d'inculture (la mienne) dans les arts, les sciences économiques, l'Histoire, et bien d'autres où je ne brille pas ; mais au moindre doute, la consultation de Wikipedia m'offre une solution acceptable.

 

Un autre exemple  

 

Je regarde à la télévision l'émission "The Voices" sorte de super radio crochet un peu habillé, et je suis stupéfait par le nombre de jeunes (parfois moins jeunes) qui ont une qualité vocale à la quelle je ne m'attendais pas. C'est une des manifestations du circuit intégré ; voyez un peu : 

 

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Poste de TSF de 1938. Amusez vous à compter les stations radio du monde affichées et comparez avec les stations françaises actuelles que vous connaissez ! (doc X).

 

Pour ma génération, je suis né dans la décennie quarante, les artistes dans l'art du chant étaient tous connus. Grâce à la radio TSF on pouvait les classer quelque part dans le spectre vocal de la plus connue des voix hors du commun, celle de la remarquable Yma Sumac (péruvienne) dont le spectre vocal sans trou couvrait plus de cinq octaves. Cette chanteuse hors du sens commun avait été finalement cantonnée dans le style du moment, le mambo !

 

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L'incroyable voix d'Yma Sumac. Trouvez un enregistrement de démonstration, cela donne le frisson. (Doc José Antonio).    

 

Dommage, manque d'imagination de ses impresarios. Par contre on savait un autre phénomène vocal remarquable aussi, celui de Maria Callas (grecque) qui elle avait reçue une éducation vocale dédiée aux grands répertoires. Elle les avait parcouru en revisitant tous les genres sans violer les codes mais avec une nouvelle expression. Entre ces phénomènes vocaux éduqués ou pas, s'était glissé tout nos répertoires de chanteurs hommes femmes (enfants) du moment et que nous pouvions énumérer presque au complet au moins pour les francophones. Compte tenu du faible nombre de chaines de radio, peu musicales, le faible nombre de microphones, si je peux dire faisait que nous pouvions facilement mémoriser les voix de nos artistes et en faire de ce fait des demi dieux. 

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Peu de microphoens, peu de stations radio, peu de diffusions musicales à ces époques. Maintenant il y a pléthore de radio-TV Internet, de quoi donner la parle à qui le veut. Notez que sur ce document je pousse loin l'image car il ne s'agit ici que d'une station radio télégraphiste et sa charmante opératrice. (Doc X)  

 

 

Avec la conquête de la FM, des radio libres, du microsillon, de la TV et de la multiplication des chaines numériques (6 à 8 sur un canal analogique classique) nous voilà avec un nombre considérable de scènes, de micro, de moyensde diffusion (smartphone) qui font que dans ce décor on peut ratisser beaucoup plus large dans les candidatures, on peut grâce à cette technologie numérique ramener des voix remarquables alors que l'on pouvait croire à la rareté du phénomène chant. Non, il y a beaucoup de bons chanteurs, et la technologie nous permet de le vérifier.

Corolaire, le progrès technique est en train de déboulonner nos idoles institutionnelles, qui ne sont sauvées que par l'age de la retraite. 

Un autre problème prend de l'ampleur, c'est la constatation sans grand effort intellectuel des méfaits de la posture conservatrice par opposition à celle du progressisme. Il ne se passe pas une semaine que l'on fasse et refasse toujours la constatation du manque d'élan, pour notre pays en tous cas, vers les nouvelles technologies numériques.

 

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Vous croyez que si on leur avait dit que leur salaire ne serait que de 20000€ par mois ils auraient refusé d'inventer Apple et le Macintosch ? (Doc X)  [on nous prend pour des idiots)...

Notez qu'il s'agit de Steve Jobs & Steve Wozniak des années soixante.

C'est un fait que j'ai pu constater en enseignant dans ce domaine en université. Vu le peu d'engouement pour le digital, il y avait bien peu de chance que les inventeurs de Twitter, Google, Amazon, Facebook, Apple, se naissent en France. 

 

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Savoir connecter un réseau numérique Ethernet sur Internet, voilà un savoir faire que l'on cherchait en 1990. (Doc de l'auteur CNRS-LMA 1990).    

Lorsque dans mon activité professionnelle dans le domaine de la recherche, il m'arrivait de comprendre un phénomène informatique (électronique ou algorithmique) j'entendais parfois des amis me dire, fort de ce nouveau progrès : < Au moins on est à savoir, au mieux on se porte > !

 

Autre point de vue :

 

 

Vous savez pourquoi il y a tant et tant de conflits entre les enseignants de base et les parents d'élèves ? C'est par ce que les parents d'élèves sont désormais aussi instruits que les premiers. Comment avoir de l'autorité au sens conservateur du terme si le subalterne est aussi instruit que le chef ?

Par exemple je trouve extraordinaire que nous ayons eu un petit génie informatique en France qui nous a inventé, pour le monde entier, la carte à puce (carte de crédit par exemple). D'ailleurs peut-être doit-on au seul fait qu'il était autodidacte et qu'il était passé hors de portée des radars des chercheurs de têtes institutionnels. Si non il aurait fini chez Thales ou Safran, nos pôles d'excellence, mais trop confidentiels. 

Ne croyez surtout pas que j'ai un quelconque mépris pour ces grandes entreprises (inscrites au CAC 40) ce sont toutes d'authentiques géants, mais je crois qu'ils pourraient reprendre la sentence : "Au moins on est à savoir au mieux on se porte"... 

 

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 Gyrolaser qui est la pièce maîtresse des centrales de navigation inertielle de nos SNLE. (Doc DCNS 2005)

 

J'ai le souvenir d'une petite entreprise de qualité du nom de TITN qui faisait dans l'électronique numérique et qui en particulier avait installé au milieu des années soixante et dix un petit réseau de communication numérique dans notre laboratoire, certes loin peut-être d'un LAN comme Ethernet, mais ils en étaient pas loin. Voilà que cette excellente entreprise s'est fait racheter par le géant de l'époque Thomson en même temps que CSF et bien d'autres jeunes pousses. Vous savez la fin de l'histoire, Thomson c'est noyée dans le groupe Thales et l'esprit TITN a disparu. Voilà pourquoi il n'y a rien de français dans nos smartphones. Par contre je peux vous dire tout le bien que vous voudrez sur la centrale de navigation de nos sous marins nucléaires lanceurs d'engins balistiques intercontinentaux. Un authentique chef d’œuvre, mais couvert par le secret défense au plus haut niveau. Google peut dormir tranquille. 

Donc, les retombées que l'on doit au développement du numérique et qui bouleversent nos sociétés au point de douter de leur survie en l'état, ne sont pas issues que des grandes entreprises sérieuses, les réels bouleversements viennent des Yutube, Amazon, Google, E-bay, Twitter, Apple, Microsoft, ces entreprises nous révèlent une nouvelles vision sociale reléguant nos intellectuels et élites à un rang secondaire en bon conservateurs qu'ils sont devenus avec leur slogan: "On a une bonne place, faisons tout pour la garder". 

Il n'y a pas que dans l'enseignement que ce phénomène se produit, il se produit partout et on en doit une bonne part à Wikipedia qui est l'encyclopédie des petites gens, qui n'étaient pourtant pas destinés à s'instruire. 

Sale temps pour les élites autoproclamées et je n'ai même pas fait allusion à la politique. Même pas besoin... 

Vous avez remarqué que l'outil de base de ces nouvelles technologies aussi toxiques que possible pour les conservateurs, c'est le smartphone (par exemple l'Iphone), c'est un monstre de haute technologie, lui aussi il est la partie émergée d'une fantastique machine technologique dans la quelle les mots magiques : serveur, Big data, internet, bande passante, traitement du signal, wikileaks, NSA, jonglent avec : il n'y a rien de français dans ces affaires, et en plus tout le monde peut en bénéficier !

 

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Même en panne un ordinateur affiche touours un résultat. A charge pour le système de le comprendre et de vous le dire. (Doc X).

 

 

Bon, et pour finir.

 

Petit cours d'économie politique : pouvez vous imaginer le paradis du chef d'entreprise français : plus de régulation, financière, plus de droit du travail pour les petits employés que l'on ne paierait qu'à la tâche et seulement s'ils ont le petit doigt sur la couture du pantalon ; ajouter à la liste des terroristes actuels nos syndicalistes, bref tout ce que ces "chefs" rêvent de voir instaurer pour le bien de leur entreprise et même du pays, et bien même ça ne changerai rien à mon avis à notre faiblesse chronique du manque de spécialistes dans les domaines sociaux technologiques. Notre société mondiale est bouleversée, l'occidentale en particulier, mais nos conservateurs français ont une bonne place, ils ne veulent pas la perdre au profit des "Roland Moreno et autres GemPlus". Pourtant croyez vous que si nous divisions par dix le salaire de ces géants de la technologie, il renonceraient à travailler ? Faux archi-faux faux, ils s'engageraient avec le même élan à assouvir leur soif de résultat technique. Lorsque vous avez du talent, vous ne rêvez que de le faire s'exprimer, peu importe le salaire ou le revenu. Ne croyez pas que je ne critique que nos très valeureux et chers Chefs d'Entreprises. Je peux, si je veux, en faire autant sur nos "intello" ; vous savez, ceux qui rêvent,suivant l’expression classique que pourrait nous faire un Woody Allen : "Casser la gueule à un légionaire et faire jouir une pute" ; oui je sais, on ne dit plus une pute, mais une escort girl. Bon mais, j'en reste là à leur sujet.

Fin

 

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