Actualité liée aux nouvelles spatiales : civiles et militaires, astronautiques et aérospatiales. Plus le numérique
Concernant l'IA. (janvier 2023)
Est-ce un thème galvaudé, fantasmé, craint, une réalité virtuelle, un état factuel ?
Bon, si mes premiers post sur mon blog d'il y a vingt ans parlaient de l'intelligence artificielle à l'aune des progrès des microprocesseurs et des mémoires avec leurs périphériques électroniques, maintenant il y va de l'idée que l'on se fait de l'intelligence artificielle à l'aune du Numérique dans son ensemble et de surtout leurs lignes de codes qui englobent ce que l'on appelle maintenant les applications ?
A mon avis nous pouvons envisager cette IA comme purement de science-fiction puisque je ne connais pas de système capable de prendre des décisions radicales en dehors de la surveillance humaine. L'humain a toujours, pour le moment, la main sur le choix de manœuvre des robots. Ce n'est même pas une question de bon sens selon nous, mais l'expression de notre prérogative sur les choses de la technologie. L'homme dirige, le robot obéit.
Le premier exemple qui me vient à l'esprit c'est l'asservissement en mécanique, celui basé par exemple sur les régulateurs centrifuges, ils sont une forme de ce qui les fait entrer dans l'assistance à notre activité industrielle, et delà dans l'intelligence artificielle du futur.
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Régulateur centrifuge, à masselottes, qui commandent une vanne de vapeur.
Tout ce que je vois maintenant relève pour simplifier, de la lecture d'une consigne, de comparateurs électroniques (le processeur) et de prises de décisions du robot en fonction des comparaisons déjà prévues (son programme). Le maître mot c'est "prévues". Aucune initiative, la machine fait uniquement ce qu'on lui a dit de faire, et ce indéfiniment entre deux pannes.
Comme autre exemple, jadis, dans les automates nous avions, il y a bien longtemps, les boîtes à musique où sur chaque cylindre, parfois amovible, étaient imprimés des notes à jouer, comme le faisaient en plus grand les orgues de barbarie et leur fichier sur cartes cartonnées et perforées
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Orgue de barbarie et son paquet de feuilles cartonnées où sont imprimées les notes de musique.
commandant la partition et je ne parle pas en encore plus grand, les métiers à tisser, genre Jacquard, qui de même possédaient leurs programmes, ils faisaient tous leur programme sans déroger aux codes, sauf si les humains en changeaient (reprogrammation).
Jusqu'au bout du bout de la décision absolue du programme :
Nous avons complexifié cette situation, mais nous n'avons pas confié à ces automates une totale indépendance de décision. Est-ce aussi vrai que cela maintenant ? Dans le film "Docteur Folamour (Stanley Kubrick 1963)" on imagine pourtant une machine automatique capable de déclencher en riposte une guerre totale dans le registre "tir sur alerte" (par opposition à « Première frappe », qui se nommait : Machine du Jugement dernier (genre Armageddon).
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Image du film Dr Folamor : Le pilote tombe vers l’objectif soviétique sur sa bombe thermonucléaire.
Cela fonctionnait de la façon suivante ; persuadés que les USA attaqueraient l'URSS avec un tir en premier, massif et total, il semblait probable qu'aucun gouvernant russe ne survivrait pour commander le tir de représailles (Tir sur alerte). Aussi dès que les radars l'alerte lointaine Russe détecteraient une gerbe de traces de missiles ICBM venant sur la capitale, s'il n'y avait pas de réponse gouvernementale rapidement, la machine de façon autonome commanderait les ordres de représailles sans possibilité d'intervention humaine pour stopper le terrible processus. Vous me direz que cette invraisemblance n'était que cinématographique, à voir ; il a bien existé en URSS un système automatique de ce genre, du nom de "Périmetr" qui devait
agir dans le même esprit. Tout ce que l'on sait de cette affaire c'est qu'un essai pour voir avait été commandé sous la forme d'un ordre de tir (certes manuel) simulé qui avait consisté à commander le lancement d'un ICBM MR UR-100 (Sego) depuis la base militaire de Kasputin Yar qui avait pris la direction d'une cible, ici Kura au Kamchatka, jusque là rien que de normal sauf que pendant son parcours ce missile avait à son tour donné les ordres nécessaires au lancement d'un autre ICBM, en alerte à Baïkonour, un R-36M (Satan), qui avait de son côté procédé à son chargement de carburant, chargement des coordonnées de sa
cible, et enfin chargement des codes de tir, et procède à sa mise à feu stoppée manuellement avant son décollage. Le principe était bon, mais je crois me souvenir que si "Perimetr" a bien existé, les Soviétiques ont gardé la main pour bloquer le processus au cas où !
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ICBM SEGO UR 100 destiné ici au test Perimetr.
J'entendais il y a peu les progrès des pilotes automatiques dans l'aviation jusqu'au point où une fois le posé maîtrisé l'avion, sagement tout seul, automatiquement, regagnerait sa place de parking désignée par un autre robot de l'aéroport. Oui, certes c'est envisageable puisque nos véhicules routiers le font très bien. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? Uniquement par notre désir de garder une activité humaine qui, sur nos grands aéroports, assure un travail de qualité au personnel. Du directeur de l'aéroport, au personnel de la navigation aérienne en passant par la sécurité des vols au sol ils sont tous opposés idéologiquement à ce libéralisme technique ; seuls sans doute les financiers voient dans ce progrès une économie très avantageuse. Si c'est économique dans quelque temps, les avions circuleront automatiquement sur les taxiways et stationneront sagement au poste pour débarquer les passagers et accueillir les véhicules de ravitaillement et d'assistance aux vols.
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Copilote robot, remplace le pilote humain avec l’aide du pilote automatique du Boeing 737.
Mais alors que devrait être une machine dotée d'une réelle intelligence artificielle ? J'imagine qu'il lui faut avant toute chose avoir une notion de gain positif pour que la machine ait intérêt à chercher une bonne solution. Ce n'est pas une notion bien compliquée à installer dans son algorithme, j'ai retrouvé la vieille notion de métrique de nos routeurs des années quatre-vingt-dix, LA MÉTRIQUE : plus haut débit, plus bas délai, plus faible coût, plus grande fiabilité ; voilà un motif de gain positif. Cela n'est pas suffisant, la machine ne doit pas se sentir seule, il lui faut connaître ses voisins pour chercher à enrichir ses routes du monde qui l'entoure, alors, pour se faire elle doit lancer de façon récurrente des appels pour enregistrer quels voisins répondent et surtout quels sont les voisins qu'elle reconnait et avec quelle métrique les uns les autres se reconnaissent-ils. Avec cette ouverture la machine peut modifier son gain de façon ininterrompue. C'est un peu ce que font nos routeurs (box), même ceux qui gèrent nos réseaux téléphoniques cellulaires actuels.
Bon, résumons notre propos, la machine se connaît (métrique), maintenant elle connaît ses voisins et leur métrique, et elle sait lancer un appel pour une recherche d'information. Cet appel peut être destiné au monde entier, c'est à dire elle peut consulter les immenses bases de données numériques du vaste monde. Alors maintenant je suis convaincu que la machine a une forme d'intelligence. Je dis une forme parce que ce n'est même pas un peu comparable à l'intelligence humaine, mais, associée à ses qualités intrinsèques
des ordinateurs, elle peut avoir une activité presque autonome et surtout elle n'a pas besoin de nous pour décider de son mode opératoire. C'est ainsi qu'elle pourrait, en plus d'aide à la décision, prendre à son compte des activités jusque là tenues par des humains et aussi bien qu'eux.
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En fait oui, il y a ici un soupçon d’IA mais ces robots sont toujours sous l’autorité des humains.
Mais a-t-on toujours eu de telles idées pour nos automates ? Un des exemples militaires des plus anciens a été le réseau Américain S.A.G.E. années 50 (Semi Automatic Ground Environnement) qui consistait à coupler le pilote automatique des avions d'interception à nos radars de la DEW Line qui protégeaient les frontières Nord Américaines. Le système consistait sur détection d'un mouvement aérien suspect en approche de ladite frontière de lancer automatiquement une alerte sur la base aérienne la mieux placée les avions de
service décollaient aux ordres de S.A.G.E., et une fois en vol, les pilotes couplaient leurs pilotes automatiques qui, aux ordres de S.A.G.E. se dirigeaient vers leur cible, laissant aux humains le soin d'identifier amis ou ennemis puis si l'ordre d'attaquer était confirmé, S.A.G.E. sélectionnait le missile qui va bien, il le tirait, le pilote se contentant de confirmer que la cible était neutralisée. Une fois la confirmation faite, S.A.G.E. commandait le retour de l'avion jusqu'à sa mise sur l'axe d'approche finale de l'aéroport. Le pilote se contentant d'assurer le poser et le retour au parking puis de serrer le frein à main. Le réseau S.A.G.E.
avait révélé son nouveau côté aspect numérique et qui, anecdotique, a permis de révéler une toute jeune ingénieure Margarett Hamilton qui était une rare compétente à la maîtrise de ce nouveau mouvement numérique/électronique avant de l'appliquer par elle dans le programme Apollo quelques années plus tard.
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Margarett Hamilton issue du réseau S.A.G.E. est ici dans le vaisseau Apollo quelle programme.
Bon avez-vous l'impression que l'on est allé aussi loin aujourd'hui dans le libéralisme des robots ? À mon humble avis NON, jamais on a laissé une telle initiative à nos machines dites intelligentes ; eh bien non, cela ne marche pas comme ça. Jamais pour ce que j'en connais nous ne laissons l'initiative aux machines de décider de leur mission en totale autonomie et, allez savoir, c'est peut-être bien ainsi. L'homme a toujours au final la main...
© Aveni 2023
Références : les missiles russes avec le livre (anglophone) de Pavel Podvig : The Russian Strategic Nuclear Forces publié en 2001. Puis je vais de temps à autre sur le site http://russianforces.org