Actualité liée aux nouvelles spatiales : civiles et militaires, astronautiques et aérospatiales. Plus le numérique
Le sexe des robots existe -t-il ?
Une enquête sur la radio FM France Info de mi-avril 2019 nous rappelait que nous avions un gros problème (un de plus me direz vous) il concernait les ravages que faisaient l'irruption des techniques numériques dans notre société déjà bien bousculée par le libéralisme social et l'ultra libéralisme économique. On venait de réaliser que dans les codeurs (programmeurs en informatique) 80% étaient des hommes et que c'était sans doute pire pour le développement de l'intelligence artificielle, aussi bien forte que faible. Quoi, nos automates, nos robots, nos simulateurs, nos assistants, auraient donc un sexe ou pour le moins un esprit sexué principalement celui d'un homme ! J'en avais écrit des lignes de codes, je ne m'étais jamais posé une telle question, mais à bien y penser en ce mois d'avril 2019, la question devait se poser. Les "robots" pensaient-ils comme des hommes ! Ne me demandait pas qu'elle en serait les conséquences pour la suite de notre histoire, mais cela ne présageait encore rien de bon. Et pourtant était-ce si sûr que je ne m'étais jamais posé la question ?

En intelligence artificielle vision libidineuse d'un traitement numérique masculin (Doc auteur)
1985/86, le microprocesseur (inventé en 1972 aux USA) était arrivé en France il y a dix ans et justement j'y étais, prêt, un fer à souder d'une main, un clavier alphanumérique de l'autre. Je venais d'être coopté par un nouveau cursus privé installé au sein de l'Université de St Jérôme de Marseille. Un cours destiné aux Bacs + 2 à amener à Bac + 4 qui devait dispenser les toutes nouvelles techniques du numérique naissantes, celui que nous subissons aujourd'hui. Le cours était payant et s'il ne délivrait pas encore de diplôme d'État (il faudrait attendre encore 10 ans pour le voir se naître dans les Facultés et dans les Écoles sauf très rare exception). Juste une remarque, si l'enseignement supérieur n'avait rien compris à la naissance de la micro électronique programmable, le monde entrepreneurial lui se doutait de ce qui allait se passer et il commençait (désespérément) à chercher des spécialistes. Il écumait les formations connues en France et dispensant à coups de titres ronflants ce paradigme naissant. Pour ce faire, il procédait à des audits pour classifier les nouvelles formations dont se recommandaient les étudiants. Notre cursus du nom de Diplôme universitaire d’Ingénierie Informatique (DUII) était de ceux-là. Pour ma part je me souviens avoir été audité deux ou peut-être trois fois par ces
commissions d'habilitation aux classements du personnel des entreprises. Je devais défendre mon cours devant un jury composé de membres du MEDEF, de FO, de FSU, et du Directeur du cours et de son incontournable Professeur de mathématiques, qui demandait un classement niveau ingénieur dans cette spécialité naissante.

Couverture de mon polycopié présenté à la commission d'habilitation au classement. (Doc auteur)
J'ai le souvenir de la première sélection d'élèves, celle de 1985/86 sur Marseille. Nous avions avec une faible publicité plus de 350 dossiers pour un cours payant ! Nous avions organisé notre cours avec deux fois 12 binômes (24 élèves) et cela permettait même si la parité n'était pas encore mode, de choisir parmi les meilleurs de 12 garçons et 12 filles. Comme ils arrivaient avec un Bac + 2, soit d'IUT soit de prépa, soit de Licence, ils avaient environ vingt ans ou un peu plus. Ils étaient jeunes et le responsable du cours avait ajouté une close, qui me contrariait, celle qu'ils fussent beaux. On les vendrait d'autant mieux dans les milieux entrepreneuriaux !
J'intervenais au titre des heures dites supplémentaires pour me rémunérer, sachant que je remboursais mes heures en travail dans mon laboratoire du CNRS d'où j'étais issu. On m'avait confié ce que je faisais le mieux, les travaux pratiques d'électronique numérique, et un cours sur les transmissions numériques dans les canaux. Je peux témoigner que ces deux ans d'études donnaient à ces élèves un profil très recherché, aussi n'avaient-ils que le choix pour trouver un travail. Je dois dire qu'à cette époque rare étaient ceux qui rempilaient vers l'obtention d'un diplôme national comme une Maîtrise ou un Ingéniorat voire plus si affinité : DEA, Doctorat.

Cours au DUII de 1985 à 2003 j'enseigne au titre des heures suplémentaires. (Doc auteur)
C'est à partir du milieu des années quatre-vingt-dix que la situation c'était détérioré, la filière fille s'était affaiblie au point, pour faire court, qu'à mon dernier cours celui finissant en 2003, il y avait plus que 21 garçons et 3 filles ! Quel en était le motif ?
Voyons une des causes qui devrait vous surprendre ; octobre 1990 début du cours 90/91. Il y avait déjà moins de filles et donc plus de garçons, c'était visible. Parmi les étudiantes cette année-là il y en avait une remarquable ni belle ni pas belle, mais une grande et mince fille au profil gothique avant l'heure, elle avait le style de Morticia Addams du feuilleton TV, la famille Addams, assez célèbre en son temps.

Du feuilleton La famille Addams, voici Murcia la mère (Doc Wikipedia)
Toujours vêtue de noir, longue robe noire, longs cheveux lisses noirs, tombant sur ses épaules et le dos, découvrant visage peu ou pas maquillé qui dénotait avec celui des autres étudiantes plus tôt excessives en maquillage et autres excentricités vestimentaires. De plus elle était du genre peu liant encore qu'elle faisait ses TP d'électronique consciencieusement avec son/sa binôme. Elle était d'ailleurs assez bonne, peut-être pas la plus brillante, mais bonne. Je savais qu'elle ferait une bonne informaticienne si elle affichait un peu plus de couleurs à son aspect assez austère. Pour forcer le trait, j'ajoute cette anecdote, en général, les étudiants posaient leur sac par terre au pied de leur chaise de bureau ou d'atelier sauf elle, qui le laissait toujours sur le plateau du bureau ou de l'établi. Si cela ne me dérangeait pas en cours, cela me chagrinait pour l'établi ou je craignais que l’anse cloutée du sac ne vienne accidentellement toucher sa carte électronique qu'elle montait semaines, après semaines (un processeur 4 bits avec mémoire statique).

Établi d'électronique numérique, carte processeur DUII (Doc auteur)
Mais là où j'étais plus vigilant, c'était pour les examens écrits où je craignais quelle dispose de quelques antisèches "pompes" bien discrètes. Une fois je m'étais approché d'elle par l'arrière pour regarder l'ouverture de son sac, et, oh surprise, deux paires d'yeux me regardaient l'air inquiet il s'agissait de deux gros rats (blanc ou noir j'ai oublié) qu'elle gardait toujours avec elle. Elle avait vu mon étonnement, elle avait esquissé un pâle sourire un peu inquiet, mais je n'avais rien dit et nous avons cohabité les rats et moi comme ça tout au long de l'année et la suivante.
Non, je n'ai pas perdu le fil de mon histoire, mais au passage je vous brosse un tableau de l'enseignement du moment. En général le matin lorsque j'avais cours à huit heures, comme je devais traverser Marseille de part en part les difficultés récurrentes de la circulation rendaient mon arrivée aléatoire. Souvent très en avance, je n'avais pas la possibilité de m'installer dans la salle de cours que le concierge n'avait pas encore ouverte. Alors j'allais me réfugier dans la salle d'étude qui restait ouverte 24/24 heures. En général la salle était pleine d'une faune étrange. Tous dédié à l'informatique, des zombies (presque tous des garçons) vivaient là plus hirsutes les uns que les autres, mal coiffés, pas bien nets avec leur barbe naissance non taillée, habillés de façon tragique, bluejeans troués avant la mode, des tatanes qui étaient d'épouvantables grolles, avec leur besace bourrée de disquette 3.5". Ça riait, s'esclaffait, bref une faune qui me rendait ridicule avec ma veste cravate et mon attaché-case Chabrand ! Ils avaient l'air souffreteux, les yeux cernés sans doute pas par des ébats de leur âge, mais par trop de masturbations, d'ailleurs je suis certain que si une belle fille avait traversé la salle nue, ils ne l'auraient même pas remarqué !

Ma faune des étudiants de première année du DUII en TP électronique (Doc auteur)
Jour d'examen et une partie de la réponse à ce problème crucial aujourd'hui.
En général, un étudiant par table, quatre sujets différents pour éviter les inévitables doublons, je procédais comme à mon habitude. Lorsqu'un étudiant avait terminé son examen écrit, il me rendait sa feuille, je notais l'heure et je le priais d'aller attendre dehors. Petit à petit la salle se vidait pendant que grossissait le groupe dans la cour. Ce jour-là c'était "Morticia Addams" et ses rats qui étaient bons derniers, mais dans les temps. Une fois seul j'appliquais un protocole que j'avais imaginé, je pliais mes affaires dans mon attaché-case et je me tenais, porte de la salle grande ouverte, sur le palier pour que l'on ne me soupçonne pas de serrer d'un peu près la jeune femme (idem pour les garçons). En général je n'adressais jamais la parole à cette jeune femme en dehors des affaires des cours, mais là j'en profitais. Avez-vous remarqué qu'il y avait beaucoup moins de filles que de garçons alors que nous cherchions la parité ; avez vous une idée du motif ?
La réponse m'était revenue glaçante, en me montrant le "troupeau" des étudiants, elle m'avait dit, on a pas envie de leur ressembler ! À méditer en 2019.

Un cours sur l'orbitographie destinée aux micro-satellites DUII & ITCI (Doc auteur)
© Aveni 2019