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Douce "amère" Margaret Hamilton
Une discrète jeune femme qui à 32 ans à l'époque a conçu le programme de gestion de la navigation et du pilotage du vaisseau Apollo et particulièrement du vaisseau Apollo-11 CM et LM ; excusez du peu !
Sortie d'université avec la spécialité mathématique, elle ne se voyait ni enseigner ni travailler à la NSA. Alors elle entre au service des militaires qui l'occupent sur le nouveau développement du réseau SAGE (Semi-Automatic Ground Environment). Une femme sur un sujet aussi si sensible ! Il faut bien dire que voilà avec SAGE, c'est l'arrivée des ordinateurs et cela ne déclenche pas l'enthousiasme des ingénieurs et autres techniciens. Hamilton fera donc bien l'affaire. Mais voilà SAGE prend du galon, il est en mesure de guider des avions dès le décollage effectué, de les diriger vers une cible, laisser les pilotes confirmer l'objectif et laisser les avions tirer leurs missiles (tout nouveaux eux aussi). Puis mission accomplie les avions revenaient tout seuls guidés par SAGE sur leur terrain et les pilotes reprenaient les commandes pour les poser et les ramener au parking ! On ne peut que la remarquer dans un exercice qui échappe à la plupart des hommes en place, au prétexte qu'il n'était pas question de remettre en question leur bonne place en jouant de zéro et de un (binaire). Remarquée dans ce genre d'exercice où elle excelle, Hamilton est embauchée à la NASA pour travailler sur futur
programme Apollo. En fait pas grand monde comprenait quelque chose aux ordinateurs balbutiants (cf le film : Les figures de l'ombre 2016).

Margaret devant son imposant listing de lignes de code pour les ordinateurs du CM (Doc NASA/MIT)
Elle grimpe vite, très vite en grade et responsabilités et elle se voit confier la programmation des ordinateurs de bord du projet Apollo. C'est donc elle qui va programmer l'extraordinaire liaison entre les ordinateurs au sol à Houston programmés par la noire Coleman Goble Johnson, du film cité plus haut, et les ordinateurs qui sont sur le command module (cabine Apollo) et aussi sur le Lunar module (le fameux LM). Il va falloir inventer un nouveau job que nous nommerons FIRMWARE un mélange d'électronique numérique et de code numérique.

Margaret pose devant un simulateur du vaisseau lunaire Apollo (Doc NASA / MIT)
Un petit rappel sur le comment fonctionnait la navigation Apollo. Nous sommes ici en présence des premiers pilotes automatiques numériques.

Margaret en dessin. Notez le clavier de commande de l'ordinateur de bord et sa commande ENTR. (Doc X)
Le principe de la navigation Apollo était le suivant. Bien entendu tout le vol jusqu'aux manœuvres de poser sur la Lune était programmé au sol et intégré aux ordinateurs de Houston (IBM, Control Data et les miniordinateurs PDP). C'est eux qui savaient diriger le vaisseau
une fois la TLI (Trans Lunar Injection) réalisée par le vecteur Saturn V. En vol une liaison radio numérique permettait à Houston de savoir où en étaient les paramètres de vol du vaisseau. Une comparaison entre le vol référence et le vol réel déclenchait éventuellement un ordre de rectification de la route via les micros moteurs du Service module. Mais avant l'exécution il y avait au moins une intervention humaine à bord ; le pilote ou le commandant de bord devait vérifier la cohérence entre le programme rectificatif envoyé et la situation du vaisseau. Si rien ne "clochait", l'un ou l'autre confirmait l'autorisation d'exécution en appuyant sur la toute bête commande "ENTER" du tableau de bord (cf le dessin du tableau de bord avec Margaret) il était placé sous la grosse boule présentant la situation du vaisseau. Une fois la manœuvre
approuvée, le programme d'Hamilton commandait la chaîne du pilote automatique (moteurs et attitude) pour manœuvrer soit le CM soit le LM.

Margaret dans le vaisseau Apollo dont elle a programmé les ordinateurs. (Doc NASA / MIT)
Voilà le discret travail de la jeune Hamilton. Puis, une fois les programmes Apollo et Skylab terminés, Hamilton s'est discrètement effacée de la NASA pour laisser la part belle aux hommes (cf le film : L'Étoffe de Héros). Bon, c'est la vie. Margaret Hamilton a enfin reçu une distinction importante des mains du Président Obama. En 2016 le film Les filles de l'ombre révèle la vie de Coleman Goble Johnson. Peut-être dans dix ans aurons nous un film sur la vie de Margaret qui a maintenant 84 ans !

Margaret devenue chef d'entreprise garde un charme évident. (Doc X)
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