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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 18:52

Snowden Edward

Curieux livre que nous livre Edward Snowden le lanceur d'alertes bien connu sous le titre Mémoires Vives édité chez SEUIL en 2019.
Encore un bouquin austère de 380 pages sans illustration. Le titre attire mon attention en particulier, car j'ai jonglé en son temps avec ces mémoires vives (RAM) et leur pendant les mémoires mortes (ROM) qui à cette époque se manipulaient par dizaines d'octets quand nous parlons aujourd'hui de téraoctets !

Sa jeunesse studieuse, mais sans plus, est lui aussi tombé dans la marmite du numérique dès le milieu des années soixante, encouragé par son père informaticien passionné. Puis il nous raconte comment de programmeur d'application et bricoleur il devient opérateur système  au gré des progrès de la micro-informatique. Il nous parle de systèmes que j'ai bien côtoyés, je peux dire que cette partie de l'histoire  c'est du vécu ; puis en parallèle des progrès, après un bref et court passage dans l'armée il se fait repérer 
par l'administration et  là nous attaquons la seconde partie du livre où engagé par la CIA et ses sociétés privées annexes, il progresse devant le manque de  cadre pour ce domaine. Il devient ingénieur système (IBM, Dell, Hewlett Pakard) il ajoute une touche importante avec les réseaux dont il devient  spécialiste. Comme le manque de jeunes qualifiés comme lui se fait sentir, il est recruté par le NSA et son histoire d'espion officiel  commence enfin.

Il découvre la terrible pieuvre qu'est devenu l'espionnage de type ELINT (electronic intelligence) par opposition au HUMINT (human intelligence). Tout le monde est submergé, les espions sont espionnés les protections de fichiers inexistantes, il est meurtri de voir son pays s'enfoncer dans cette horreur, il a les clés de toute la machinerie du renseignement américain : information, data, personnel,  il va pouvoir devenir un redoutable rebelle.

Il divulgue, nous donne à savoir ce que sont nos chefs, les machines gouvernementales, terrible réquisitoire pourtant classifié, authentifié, daté. Il côtoie dans sa nouvelle clandestinité : Manning, Assange (pas de la même valeur), mais c'est lui l'homme à abattre. Manning s'est rendu aux USA, prison, changement de sexe et plus rien. Assange c'est autre chose, peut-être par opportunisme il se fait passer pour l'intellectuel de la bande (!). C'est pourtant lui Assange, qu'un ami Américain vététran et ancien du renseignement 
militaire US au Vietnam me disait haïr au plus haut point, car il a divulgué des listes d'opérateurs militaires du renseignement en poste à l'étranger les mettant gravement en danger.

Maintenant Snowden en cavale, réfugié ici ou là de par le monde, pourchassé par tous les réseaux d'espionnage occidentaux (service action), réseaux de  barbouzes qui le traquent sans relâche ; on attend son arrestation ou son exécution. Nous nous fermons les yeux, car il nous dérange aussi  en nous mettant sous les yeux cette terrible machine à nous surveiller, nous savons, nous ne ferons rien, nous sommes lâches : que la  bête meure !

Allez courage, lisez au moins ce livre nous passerons un peu moins de temps au purgatoire...

© Aveni 2019

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28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 19:24

Nous risquons de ne pas avoir le dernier mot

Non, ce n'est pas tant que les caisses de contrôle des grandes surfaces soient remplacées par des caisses robotisées, ce n'est pas tant que l'avenir du copilote dans les lignes aériennes domestiques soit remis en question, ce n'est pas tant que l'aide à la décision devienne prépondérante dans le pilotage des entreprises de moyenne dimension, c'est avant tout le mariage du numérique avec l'économie ultralibérale qui commence à nous poser un problème. Certes les humains de niveau supérieur (Bac + 5) feront partie de l'aventure qui commence à se préciser, mais par contre, à mon 
humble avis, le sort des gens qui ne sont rien, les Bac-5 et malheureusement même les bacheliers vont faire les frais de ce progrès technico-économique. Sachant que nous serons 10 milliards d'humains en 2050, et que parmi ces humains ceux qui sont dotés d'un niveau supérieur avéré vont se partager toutes les richesses restantes, je crains que tout cela ne tourne "vilain", sauf si le dérèglement climatique n'en vient à bousculer l'équilibre social.

 

© Aveni 2019

Photo extraite du Diploweb, Charles Conte, juillet 2019

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 09:48

HONG KONG

Que voilà une ville dont l'actualité nous touche modérément. Pourtant de façon récurrente des manifestations populaires se produisent pour réclamer le maintien d'un statut spécial (justice-police) accordé aux habitants de la ville, ancienne colonie britannique rétrocédée en 1997 à la Chine (République Populaire). Aujourd'hui cette ville c'est transformée en centre financier, un des trois plus grands centres avec New York et Londres. C'est une ville devenue tentaculaire, dotée d'un système ultralibéral, elle est un des poumons économiques de la Chine communiste qui en tire un profit commercial de première importance. Mais là n'est pas l'intérêt que je porte à cette ville, je pense à deux films anglo-américains qui ont marqué mon esprit. Tiré d'un roman célèbre : Multiple Splendeur de l'auteure Han Suyin qui y décrit sa romance avec un correspondant de guerre anglais qui se passe en 1949 dans cette ville. Le film éponyme sera un grand succès joué par William Holden et Jennifer Jones (1955) on y découvre en fond d'image la culture chinoise qui se heurte aux colonisateurs anglo-saxons. A ce moment-là, la ville est encore modeste, mais déjà très exotique pour notre culture.

Image du film Multiple Spendeur (Doc Wikipedia)


L'autre film : Le monde de Zuzie Wong (1960) nous remontre un Hong Kong grouillant, malsain, où la corruption tient lieu de règle économique. On retrouve dans ce film de Richard Quine l'acteur américain William Holden encore embarqué dans une romance avec Zusie Wong, rôle tenu par Nancy Kwan. Ces deux "bluettes" n'arrivent pas à me faire croire que cette ville devenue un monstre économique puisse s'accommoder des deux modèles de culture, celle traditionnelle patriarcale de souche chinoise et celle individualiste (famille sans lien) du monde occidental actuel. Pour comprendre le problème, il faut oublier : politique, intérêts économiques, il faut gratter du côté anthropologique pour comprendre pourquoi la Chine ne peut se dompter par la seule force du libéralisme familial tel qu'on l'a vu s'installer avec succès chez nous (France comprise). 

Image du film Le monde de Zusie Wong (Doc Wikipedia)


Il faut bien que je me dise que nos cultures nous prédisposent plus à un modèle social-économique qu'un autre. Pour le moment le nôtre triomphe...

© Aveni 2019

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2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 09:17

OPLAN 8044 Revision (FY) un peu de poésie dans ce monde de brutasses ! 

 

Vision depuis le pôle Nord du face à face USA Russie (Doc Atlas stratégique chez Fayard 1983)


Cette tranquille dénomination cache en fait un changement de nom survenu en 2003 faisant suite au diabolique SIOP-62 de Single Integrated Operational Plan et de ses multiples révisions. Il s'agit ni plus ni moins que de tenir un plan de contre attaque contre la Russie (ex-URSS) en vue d'une frappe militaire de dévastation en retour dit tir sur alerte. Dès les années soixante le Joint Strategic Target Planning Staff se chargeait de tenir à jour le SIOP 62. Parlons clair, il était dédié à préciser qui et comment attaquer la Russie, sous le contrôle du Président des USA, accompagnés du Secrétaire d'État à la Defense et du Chef des Armées et en particulier du commandement du SAC Statégic Aerospace Command dit STRATCOM. Il s'agissait en fait d'une liste des objectifs principaux à tenir à jour pour donner du gros gourdin contre la Russie actuelle et l'ex-URSS. Le Pentagon a changé son intitulé en OPLAN 8044 Revision (FY), mais c'est toujours la même chose. 

Le tir sur alerte implique que bien entendu c'est la Russie qui est le premier attaquant. C'est grâce à l'excellence de la surveillance de la Russie, radar, satellites d'observation (SBIRS Hight/Low) et même ELINT (électronique intelligence) que les USA sont à même de lancer ses forces de dévastation avant même l'arrivée de la première frappe Russe sur le sol étatsunien (ça c’est la théorie) ! 

Bon, tout le monde comprend qu'au plus près de la Russie les radars américains sont installés, au 
plus vite l'attaque globale est détectée et la contre-attaque US est lancée (d’où l’installation de 
l’OTAN sur la frontière Russe à marche forcée). 

Quid de la Russie ? C'est pareil ; en gros on trouve des radars d'alertes, des satellites et de l'ELINT enfin tout le nécessaire pour contre attaquer en cas de première frappe américaine, mais moins bien placés, c’est un exemple de dissymétrie Est Ouest. 

Obama et Medvedev signant un énième accord de modération sur les armements stratégiques (Doc X)

Attention, comme toujours la mauvaise place c'est celle du guetteur qui donnera l'alerte pour lancer une contre-attaque. Dans le cas d'espèce c'est l'accident qui devient la menace principale ; 
l'attaquant sait quand il va agir, il n'y a pas de risque, mais la position de la frappe en retour dite tir sur alerte ne suppose aucune erreur d'interprétation. C'était le dilemme hier (ref du film Docteur Folamour 1964), avec maintenant la réactivation de l'armement russe et en plus celui des chinois on est revenu au même point. La guerre totale de dévastation nous guette à nouveau avec des armes du XXIe siècle ad hoc. 
 

La nouveauté c’est que ce sont les anciens faucons qui, à la retraite, se sont casés dans un « juteux » costume de colombe qui prônent maintenant la modération Est, Sud-Est, Ouest. Les poètes de la terreur sont toujours là, souriants, je fais allusion aux américains : Henry Kissinger, George Shultz, William Perry, Sam Nunn, Sidney D.Drell, etc. sans compter leur contre partie Russe. Pendant ce temps la, le GIEC (les écolos) pérorent sous l’arbre à palabres ! 

© Aveni 2019

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19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 18:52

Où en sommes-nous ? (Une esquisse de l'Histoire Humaine)

Auteur Emanuel Todd

Éditeur Seuil

date 2017

490 pages illustrées de cartes et schémas.

Todd est un anthropologue et historien français ; il édite en 2017 ce gros livre qui nous éclaire sur l'évolution de nos sociétés patriarcales, matriarcales et autres organisations, et ce dès l'installation de l'Homo Sapiens à nos jours. Organisations familiales, langage, écriture, religions, on y parle aussi bien de l'héritage que du statut des femmes, bref un aperçu assez étonnant pour le béotien que je suis dans ce genre. Il y a quelques rares illustrations et j'ai trouvé cet ouvrage un peu ardu, mais captivant. Vis-à-vis des flux migratoires, qui en défrisent plus d'un, je dois dire que la lecture de ce livre modère "grave" nos réflexes racistes qui sont bien souvent, à l'origine, dus à notre manque d'instruction sur le sujet. Mariages en dehors de la famille ou entre cousins voire même germains, cas extrême entre frères et sœurs, page après page on ne cesse d'être étonné. Moi qui vis en Corse, je regarde avec moins de préjugés maintenant le clanisme (familial insulaire).

© Aveni 2019

 

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14 juin 2019 5 14 /06 /juin /2019 14:48

Le cratère lunaire Poppy
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Poppy à son poste dans la célèbre salle de contrôle des missions Apollo à Houston en 1968 (Apollo-8).[Doc TRW/NASA]

 

Je ne me doutais pas qu'il avait été baptisé ainsi en l'honneur d'une ingénieure, Frances Poppy Northcutt (née en 1943) qui avait été la première femme intégrée dans la salle de contrôle de Houston pour suivre de près la mission Apollo-8 (décembre 1968) qui avait procédé à la première mise en orbite d'un équipage humain autour de la Lune. Après des études universitaires dans la branche mathématique, elle devient informaticienne et a travaillé pour la société TRW intégrée à la NASA. Elle, et son équipe travaillaient sur l'orbite lunaire, de la TLI (Trans Lunar Injection) jusqu'au retour sur Terre. Cette mission a été un succès. Puis, rappelée en urgence pour travailler à la récupération du vaisseau Apollo-13 en  perdition (avril 1970), elle va mettre sur pied une route de sauvetage de l'équipage qui se révélera bonne.

Poppy Northcutt planche devant un parterre masculin de la NASA [Doc TRW/NASA]

 

Puis comme beaucoup aux USA elle va quitter ce milieu et s'orienter vers le métier d'avocate orienté sur le droit des femmes ! Sa carrière a été honorée par des distinctions en plus du cratère lunaire à son nom ; rappelant en ça la carrière en parallèle de l'autre ingénieure, Margaret Hamilton, dont j'ai déjà parlé dans un article il y a qqs années et qui a participé à la programmation de l'ordinateur qui a piloté aussi bien le vaisseau Apollo que le Lunar module. Ces deux jeunes femmes "blanches" ne doivent pas nous faire oublier les fameuses "figures de l'ombre" qui les avaient précédés, les mathématiciennes noires, 
"noires" (1961) qu'ignore superbement le film : L'Étoffe des Héros !

Madame Northcutt Frances dite Poppy devenue une active avocate pour la défense des droits de toutes les femmes [Doc X]

© Aveni 2019

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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 09:27

L’Intelligence Artificielle ou l’Enjeu du Siècle
Auteur: Eric Sadin
Éditeur : Pour en finir avec.
Date : 2018

Ici avec l'intelligence artificielle au « servile » service de l'économie ultralibérale nous faisons l'anatomie d'un antihumanisme radical. On retrouve les poncifs développés par les "startups" qui sapent en douceur les fondamentaux humains aidés par les lobbies politiques numérico-industriels qui pourrissent, sous prétexte d'efficacité, aussi bien le monde politique que notre société civile. Nos intellectuels ne voient rien, nos ingénieurs sont fascinés, les enseignants ne se voient pas manipulés, la santé est à la dérive au sens éthique face aux envahissants microprocesseurs. Les marchants privés s'en donnent à cœur joie pour liquider le social sans se douter qu'ils sont eux aussi sur la liste de ceux que l'IA (faible ou forte) marginalisera sous anesthésie locale !

Ce livre que je vous recommande est édifiant, car s'il fait bien allusion à l'automobile intelligente, il nous avertit que ce n'est pas là que cela va faire mal, l'IA sape jusqu'à notre libre arbitre et c'est de loin le plus grave. Nous devons entrer en résistance contre l'économie ultralibérale et le numérique qui la soutient. Partout où l'efficacité des machines est supérieure et qu'elles sont disponibles, alors elles s'imposent ; il faut le savoir. Dans la mondialisation maintenant, "the code is law".

Personnellement, il y a plus d'une dizaine d'années que je rédige sur mon blog à ce sujet, mais c'est tout juste si je sens une faible prise de conscience du drame qui se joue face à ces usines 4.0 !


© Aveni 2019

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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 09:09

Vision des Journalistes organiques, 26 avril 2019

Dans un livre qui me crache à la figure ma "bobotitude" de bourgeois de gauche, qui me rappelle que c'est parce qu'en 2017 j'ai voté blanc (j'avais même retrouvé un vieux ticket SARKOZY), pas voté Mélenchon, pas voté "gôche", pas voté centro Kato droitier pour éviter les cendres des sarkosystes, pas voté pour les nouveaux jeunes beaux modernes de chez qui vous savez, pas voté pour l'extrême droite pour ne pas me salir l'âme, pourtant la seule à renverser la table (Madame l'incompétente), si fait que je me retrouve avec Macron, le liquidateur du social comme avaient voté les citadins des centres-ville aisés 
et les vieux à patrimoine du parti de la trouille (la vieille France éternelle). Oui, pardonnez-moi j'emprunte un peu cette dernière phrase à François Bégaudeau [Histoire de ta Bêtise, chez Pauvert 2019]. Pourquoi je vous pleurniche ça au coin de votre page Facebook, parce que je revois une photo du bel étudiant pas très doué de la rue d'Ulm (attention moi je ne suis que Bac-5) qui a "fait" avec la belle prof de littérature un peu couguar, là maintenant sur une estrade dans les ors de la République devant un parterre de journalistes organiques ruisselant d'une vive lumière distribuée par les descentes de perles toutes neuves (du palais de l'Élysée) sa réponse aux gilets jaunes (épuisés). Bla-bla-bla. Les journalistes accrédités et heureux de voir rentrer l'ordre dans la Ve République, vont pouvoir vomir leurs louanges à la nomenklatura dont ils sont presque tous issus, l'oligarchie qui nous mène de bobard en bobard au naufrage annoncé de l'ultralibéralisme que je critique sans pouvoir me départir de la tranquille logique pragmatique. Moi, que le numérique fascine depuis 1975, où j'ai mis les doigts dans ce cambouis (technique), qui vois cet outil dramatique renforcer la tendance Macron. Inéluctablement je me dis que contre de tels adversaires on ne fait pas le poids. C'est un peu comme si les passagers du Titanic, pendant le naufrage, s'étaient tous mis à écoper, avec espoir, pendant que les radios en code Morse auraient envoyé en boucle le pathétique message : RAS nous coulons normalement. 
Pendant que des rivages lointains des cannibales affamés nous attendaient sans espoir eux aussi de nous voir nager jusqu'à eux.

Ne soyez pas pressé de vous faire flageller en lisant le livre : Histoire de ta Bêtise de François Bégaudeau, édité chez Pauvert, en 2019. 222 pages masochistes.

© Aveni 2019

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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 19:18

Le sexe des robots existe -t-il ?

 

Une enquête sur la radio FM France Info de mi-avril 2019 nous rappelait que nous avions un gros problème (un de plus me direz vous) il concernait les ravages que faisaient l'irruption des techniques numériques dans notre société déjà bien bousculée par le libéralisme social et l'ultra libéralisme économique. On venait de réaliser que dans les codeurs (programmeurs en informatique) 80% étaient des hommes et que c'était sans doute pire pour le développement de l'intelligence artificielle, aussi bien forte que faible. Quoi, nos automates, nos robots, nos simulateurs, nos assistants, auraient donc un sexe ou pour le moins un esprit sexué principalement celui d'un homme ! J'en avais écrit des lignes de codes, je ne m'étais jamais posé une telle question, mais à bien y penser en ce mois d'avril 2019, la question devait se poser. Les "robots" pensaient-ils comme des hommes ! Ne me demandait pas qu'elle en serait les conséquences pour la suite de notre histoire, mais cela ne présageait encore rien de bon. Et pourtant était-ce si sûr que je ne  m'étais jamais posé la question ?

En intelligence artificielle vision libidineuse d'un traitement numérique masculin (Doc auteur)

 

1985/86, le microprocesseur (inventé en 1972 aux USA) était arrivé en France il y a dix ans et justement j'y étais, prêt, un fer à souder d'une main, un clavier alphanumérique de l'autre. Je venais d'être coopté par un nouveau cursus privé installé au sein de l'Université de St Jérôme de Marseille. Un cours destiné aux Bacs + 2 à amener à Bac + 4 qui devait dispenser les toutes nouvelles techniques du numérique naissantes, celui que nous subissons aujourd'hui. Le cours était payant et s'il ne délivrait pas encore de diplôme d'État (il faudrait attendre encore 10 ans pour le voir se naître dans les Facultés et dans les Écoles sauf très rare exception). Juste une remarque, si l'enseignement supérieur n'avait rien compris à la naissance de la micro électronique programmable, le monde entrepreneurial lui se doutait de ce qui allait se passer et il commençait (désespérément) à chercher des spécialistes. Il écumait les formations connues en France et dispensant à coups de titres ronflants ce paradigme naissant. Pour ce faire, il procédait à  des audits pour classifier les nouvelles formations dont se recommandaient les étudiants. Notre cursus du nom de Diplôme universitaire  d’Ingénierie Informatique (DUII) était de ceux-là. Pour ma part je me souviens avoir été audité deux ou peut-être trois fois par ces  
commissions d'habilitation aux classements du personnel des entreprises. Je devais défendre mon cours devant un jury composé de membres  du MEDEF, de FO, de FSU, et du Directeur du cours et de son incontournable Professeur de mathématiques, qui demandait un classement  niveau ingénieur dans cette spécialité naissante.

Couverture de mon polycopié présenté à la commission d'habilitation au classement. (Doc auteur)

J'ai le souvenir de la première sélection d'élèves, celle de 1985/86 sur Marseille. Nous avions avec une faible publicité plus de 350 dossiers pour un cours payant ! Nous avions organisé notre cours avec deux fois 12 binômes (24 élèves) et cela permettait même si la parité n'était pas encore mode, de choisir parmi les meilleurs de 12 garçons et 12 filles. Comme ils arrivaient avec un Bac + 2, soit  d'IUT soit de prépa, soit de Licence, ils avaient environ vingt ans ou un peu plus. Ils étaient jeunes et le responsable du cours avait ajouté une close, qui me contrariait, celle qu'ils fussent beaux. On les vendrait d'autant mieux dans les milieux entrepreneuriaux !

J'intervenais au titre des heures dites supplémentaires pour me rémunérer, sachant que je remboursais mes heures en travail dans mon laboratoire du CNRS d'où j'étais issu. On m'avait confié ce que je faisais le mieux, les travaux pratiques d'électronique numérique, et un cours sur les transmissions numériques dans les canaux. Je peux témoigner que ces deux ans d'études donnaient à ces élèves un profil très recherché, aussi n'avaient-ils que le choix pour trouver un travail. Je dois dire qu'à cette époque rare étaient ceux qui  rempilaient vers l'obtention d'un diplôme national comme une Maîtrise ou un Ingéniorat voire plus si affinité : DEA, Doctorat.

Cours au DUII de 1985 à 2003 j'enseigne au titre des heures suplémentaires. (Doc auteur)

 

C'est à partir du milieu des années quatre-vingt-dix que la situation c'était détérioré, la filière fille s'était affaiblie au point, pour faire court, qu'à mon dernier cours celui finissant en 2003, il y avait plus que 21 garçons et 3 filles ! Quel en était le motif ?

Voyons une des causes qui devrait vous surprendre ; octobre 1990 début du cours 90/91. Il y avait déjà moins de filles et donc plus de garçons, c'était visible. Parmi les étudiantes cette année-là il y en avait une remarquable ni belle ni pas belle, mais une grande et mince fille au profil gothique avant l'heure, elle avait le style de Morticia Addams du feuilleton TV, la famille Addams, assez célèbre  en son temps.

Du feuilleton La famille Addams, voici Murcia la mère (Doc Wikipedia)

Toujours vêtue de noir, longue robe noire, longs cheveux lisses noirs, tombant sur ses épaules et le dos, découvrant visage peu ou pas maquillé qui dénotait avec celui des autres étudiantes plus tôt excessives en maquillage et autres excentricités vestimentaires. De plus elle était du genre peu liant encore qu'elle faisait ses TP d'électronique consciencieusement avec son/sa binôme. Elle était d'ailleurs assez bonne, peut-être pas la plus brillante, mais bonne. Je savais qu'elle ferait une bonne informaticienne si  elle affichait un peu plus de couleurs à son aspect assez austère. Pour forcer le trait, j'ajoute cette anecdote, en général, les étudiants posaient leur sac par terre au pied de leur chaise de bureau ou d'atelier sauf elle, qui le laissait toujours sur le plateau du bureau ou de l'établi. Si cela ne me dérangeait pas en cours, cela me chagrinait pour l'établi ou je craignais que l’anse cloutée  du sac ne vienne accidentellement toucher sa carte électronique qu'elle montait semaines, après semaines (un processeur 4 bits avec  mémoire statique).

Établi d'électronique numérique, carte processeur DUII (Doc auteur)

Mais là où j'étais plus vigilant, c'était pour les examens écrits où je craignais quelle dispose de quelques antisèches "pompes" bien discrètes. Une fois je m'étais approché d'elle par l'arrière pour regarder l'ouverture de son sac, et, oh surprise, deux  paires d'yeux me regardaient l'air inquiet il s'agissait de deux gros rats (blanc ou noir j'ai oublié) qu'elle gardait toujours avec elle. Elle avait vu mon étonnement, elle avait esquissé un pâle sourire un peu inquiet, mais je n'avais rien dit et nous avons cohabité les rats et moi comme ça tout au long de l'année et la suivante.

Non, je n'ai pas perdu le fil de mon histoire, mais au passage je vous brosse un tableau de l'enseignement du moment. En général le matin lorsque j'avais cours à huit heures, comme je devais traverser Marseille de part en part les difficultés récurrentes de la circulation rendaient mon arrivée aléatoire. Souvent très en avance, je n'avais pas la possibilité de m'installer dans la salle de cours que le concierge n'avait pas encore ouverte. Alors j'allais me réfugier dans la salle d'étude qui restait ouverte 24/24 heures. En général la salle était  pleine d'une faune étrange. Tous dédié à l'informatique, des zombies (presque tous des garçons) vivaient là plus hirsutes les uns que les  autres, mal coiffés, pas bien nets avec leur barbe naissance non taillée, habillés de façon tragique, bluejeans troués avant la mode, des  tatanes qui étaient  d'épouvantables grolles, avec leur besace bourrée de disquette 3.5". Ça riait, s'esclaffait, bref une faune qui me rendait  ridicule avec ma veste cravate et mon attaché-case Chabrand ! Ils avaient l'air souffreteux, les yeux cernés sans doute pas par des ébats de leur âge, mais par trop de masturbations, d'ailleurs je suis certain que si une belle fille avait traversé la salle nue, ils ne l'auraient même pas remarqué !

Ma faune des étudiants de première année du DUII en TP électronique (Doc auteur)

 

Jour d'examen et une partie de la réponse à ce problème crucial aujourd'hui.

En général, un étudiant par table, quatre sujets différents pour éviter les inévitables doublons, je procédais comme à mon habitude. Lorsqu'un étudiant avait terminé son examen écrit, il me rendait sa feuille, je notais l'heure et je le priais d'aller attendre dehors. Petit à petit la salle se vidait pendant que grossissait le groupe dans la cour. Ce jour-là c'était "Morticia Addams" et ses rats qui étaient bons derniers, mais dans les temps. Une fois seul j'appliquais un protocole que j'avais imaginé, je pliais mes affaires dans mon attaché-case et je me tenais, porte de la salle grande ouverte, sur le palier pour que l'on ne me soupçonne pas de serrer d'un peu  près la jeune femme (idem pour les garçons). En général je n'adressais jamais la parole à cette jeune femme en dehors des affaires des cours, mais là j'en profitais. Avez-vous remarqué qu'il y avait beaucoup moins de filles que de garçons alors que nous cherchions la parité ;  avez vous une idée du motif ? 
La réponse m'était revenue glaçante, en me montrant le "troupeau" des étudiants, elle m'avait dit, on a pas envie de leur ressembler ! À méditer en 2019.

Un cours sur l'orbitographie destinée aux micro-satellites DUII & ITCI (Doc auteur)

© Aveni 2019

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 16:42

A lire ; ce livre est instructif même s'il est un peu partisan.

 

La grande aventure du nucléaire militaire français.
Par un collectif de chefs de services de la DAM
Edité par L'Harmattan, 2016
415 pages gros format

Sont exclus du sujet les inventeurs français scientifiques du nucléaires comme bien entendu Irene Curie et Frédéric Joliot et la cohorte de chercheurs et ingénieurs civils universitaires qui pour des raisons idéologiques ont été écartés de la fabrication de la bombe. Trop marxistes pour le moins ou communistes pour le plus ils seront rangés dans le CEA civil. Dommage ils connaissaient tout le nécessaire pour réaliser rapidement la bombe thermonucléaire (contesté dans ce livre) ! Le seul qui ait échappé en partie à cette ségrégation c'est Rocard le prof dont le fils sera un homme politique bien connu.

L'intérêt de ce livre c'est qu'il rapporte à partir d'anecdotes, qui allaient des ennuis de moteurs des avions en vol et qui faisaient le trajet Paris Reggane, aux soucis rencontrés dans les initiateurs à neutrons destinés à booster la fission nucléaire. Bon, je passe sur le racisme anti arabe dès plus érudits (polytechniciens, centraliens, etc.) c'est vous dire les moins que rien !


Ce que j'ai trouvé intéressant c'est le mépris permanent vis à vis de la hiérarchie, même les Bac+5 étaient peu considérés c'est vous dire les Bac-5 !

Mais il n'y a pas que cet aspect, on y parle du montage des bombes, des tirs réussis ou pas, des rapports parfois orageux avec les vrais militaires qui se mêlaient de se qui ne les regardaient pas au nom de la sacro sainte sécurité/confidentialité.

Chaleur étouffante du désert au midi, repas frugal, couchage parfois spartiate ; ne vous privez pas de ce livre qui raconte par le menu détail comment s'est réalisé notre arsenal nucléaire militaire.

© Aveni 2019

Un livre, une aventure...

 

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